A l’occasion d’un voyage à vélo il y a 5 ans,j’avais écrit un article sur les aménagements cyclables aux Pays-Bas. Aujourd’hui, il est évident que ce pays reste une source d’inspiration pour l’urbaniste et désormais papa que je suis. J’ai pu le constater à l’occasion d’un court week-end avec ma compagne et ma fille de 3 ans à Amsterdam.
Sans prétendre à l’exhaustivité concernant l’inventivité inépuisable des hollandais en matière d’aménagements, voici ce qui m’a marqué pendant ce bref séjour :
Au pays du vélo, extension du domaine du piéton
J’avais déjà remarqué en 2021 que certaines zones de la ville étaient réservées aux piétons, comme de grandes rues commerçantes. En 2026, j’ai observé que certaines zones concentrant bars, terrasses ou marchés sont marquées comme « piétonne », les cyclistes devant mettre pied à terre.

Je travaille régulièrement sur des aménagements de centres-villes, quartiers… ne faudrait-il pas réfléchir, dans nos villes, à une gestion similaire pour certaines zones concentrant terrasses, restaurants et bars, afin d’éviter des conflits inutiles entre piétons et vélos ?
Vélo, piétons, Fat-bike… »L’ordre, la première des libertés ? » (Montesquieu)
Frappé par la clarté et la lisibilité des espaces publics lors de mon premier voyage, je constate que c’est toujours le cas. J’ai l’impression même d’observer des éléments de signalétiques que je n’avais pas remarquées lors de mon premier voyage, les voici pêle-mêle :
Un feu pour le piéton, le vélo et la voiture : clair, efficace

Délimiter clairement là où on gare les vélos, et là où on marche

Réguler la vitesse : certaines zones interdites aux vélos rapides type « fat-bike »

En revenant en France, je me dis aussi que nos aménagements vélos manquent souvent de cohérence. Nos villes n’ont pas la même histoire que celles des Pays-Bas (je l’ai expliqué dans mon précédent article), j’en conviens. J’ai eu l’impression de marcher dans des rues bien plus larges, là où nos villes historiques sont peut-être plus contraintes. Il n’empêche, je trouve que, dans ce pays, les aménagements sont plus clairs : on sait ce qu’on a le droit de faire ou pas. Rassurez-vous, cela n’empêche pas des comportements incivils, j’en ai vu. Cela amène tout de même à une forme de régulation comportementale que j’ai trouvée agréable et apaisante : plus de clarté, moins de stress.
La voiture, un vélo comme les autres ?
Alors que les vélos semblent « grossir » à vue d’œil grâce aux progrès de l’électrification : « fat-bike », vélos cargos, « long tails » occupent de plus en plus de place sur nos chaussées. Mais est-ce que cette même électrification ne peut-elle pas être l’occasion de rétrécir certaines voitures pour des usages justement citadins (vitesse limitée à 45 km/h ? C’est un argument en faveur du développement de voies cyclables « hybrides » à grande vitesse pour des véhicules électrifiés allant plus vite que les vélos à traction musculaire. Ces voies pourraient être localisées en priorité le long de grands axes traversant la ville.

Ville pour les enfants…des aménagements qui rendent la ville plus facile à vivre :
Dernière chose remarquable durant ce week-end avec des enfants : le nombre de lieux agréables pour les enfants…et les parents ! Et comment cela est possible ? Comment souvent, en hybridant les usages, comme souvent. Quelques exemples :
L’hybridation parc, « beer garten », aire de jeux :
Certes c’est un lieu qui semble privé mais ce qui est remarquable, c’est qu’une partie des tables de pique-nique sont mélangées dans l’aire de jeux, à l’ombre des arbres (les jeux aussi sont ombragés). Résultat : du confort pour les parents et les enfants.

Seconde hybridation : le bar, lieu de concert et zone de baignade
Là, il s’agit d’un lieu qui a été racheté par la ville puis loué à un groupe d’architecte et entrepreneurs sociaux. Ceux-ci en ont fait un espace d’expérimentation écologique sous la forme d’un lieu de travail et de convivialité pensé selon les principes de l’économie circulaire ( site web : https://deceuvel.nl/en/about/general-information).
Ici, c’est surtout le fait de pouvoir se rafraichir autour d’un verre tout en pouvant se baigner avec les enfants en pleine ville qui rend l’expérience géniale. Sans parler des animations conviviales et intergénérationnelles qui s’y sont déroulé pour l’anniversaire de ce lieu quand nous y étions.


La troisième hybridation : l’aire de jeux spectaculaire dans les bois, fraiche et divertissante pour les enfants mais aussi ludique pour les adultes
Je dois admettre que ces aires de jeux observées dans deux grands parcs de la ville m’ont rendu vert de jalousie, mais aussi de peur pour mon enfant. Mais force est de constater que ces aires de jeux aux hauteurs parfois vertigineuses, avec ponts de singe, toboggans géants et tyroliennes, ont conquis ma fille. Mais l’expérience devient vraiment géniale dès lors que ces dernières sont intégrées aux arbres et sous-bois. Cela donne l’impression de cabanes perchées à rejoindre par différentes branches ou passerelles de cordes, parfois à 5 mètres au-dessus du vide. Le résultat ? On peut profiter de l’aire de jeux même sous de fortes chaleurs tout en s’amusant par moments avec son enfant. Et si les aires de jeux n’étaient finalement pas que pour les enfants mais pour toute la famille ?

La dernière : le trottoir-marelle
C’est simple, mais même pour des aménagements « basiques » de voirie, ne pourrait-on pas parfois intégrer un peu d’amusement pour les enfants (ou adultes 😉) ?

Des zones de baignades un peu partout en ville.
S’il était possible de se baigner dans l’endroit précédemment mentionné, Amsterdam a de quoi rendre envieux de nombreux citadins. À l’heure où j’écris ces lignes, il fait 35 degrés à Paris et Emmanuel Grégoire annonce l’extension de l’ouverture de la zone de baignade autorisée dans le canal Saint-Martin, en parallèle des zones de baignade ouvertes pendant les JO. Mais à Amsterdam, j’ai vu des enfants se baigner aux quatre coins de la ville (pas n’importe où non plus, cela doit être régulé). En discutant avec les parents qui nous ont reçus, j’apprends aussi que les cours de natation sont généralisés : on apprend avant tout aux enfants à nager pour ne pas en avoir peur, et non dans une optique de performance sportive (qui, dans mon souvenir de jeunesse, a plutôt eu l’effet de me dégoûter de cette pratique).
La pataugeoire dans le parc : peut-être une ancienne fontaine ?
S’il y a de nombreux exemples de lieux de rafraichissement à l’aide d’aménagements de type « miroir d’eau » à Bordeaux, ce type d’aménagement serait sans doute à facile à généraliser.

Les canaux : généralisation des zones de baignades
Notre pays regorge de Venise, mais pour ce qui est de la baignade en ville, admettons-le la route est encore longue. Aussi, je m’interroge sur ce qui nous empêche en France de généraliser cette pratique le long des berges qui le permettent, je pense aux canaux par exemple. Des idées ?

Ce à quoi vous avez échappé : OV Pay – ou comment vous pouvez payer votre trajet en transport en commun uniquement avec votre carte bleue. OV Fiets – ou comment rendre le vélo dans le train obsolète pour des trajets domicile-travail…
