Contre les « panels d’habitants », ou 8 bonnes raisons de ne pas se contenter d’un micro-échantillon pour consulter les populations sur un projet urbain

Concertation sur le réaménagement du Centre-Ville du Pré-Saint-Gervais (Repérage Urbain, 2021-2022) : Un exemple parmi tant d’autres de démarche participative cumulant différents évènements et méthodologies, pour permettre à plusieurs centaines de personnes de contribuer personnellement à la conception collective d’un projet urbain…

Il y a ces derniers temps une tendance que notre agence rencontre de plus en plus souvent, du côté des villes et collectivités souhaitant concerter sur tel ou tel projet avec ses habitants : la « tentation du petit panel ». C’est à dire la tentation de mobiliser un « groupe réduit de citoyens », souvent très réduit (5 ou 10 personnes à l’échelle d’un quartier, 10 ou 15 ou 20 personnes à l’échelle d’une ville ou d’une agglomération) plutôt que d’ouvrir le débat largement et à toute la population de façon volontariste.

Il y a pourtant plusieurs types de raisons de dissuader les pouvoirs locaux d’avoir recours à des « panels citoyens » réduits et fermés pour tenter de résoudre des dilemmes d’aménagement. Voici 8 raisons cumulatives pour lesquelles, selon moi, s’en remettre à un groupe de 10 ou 15 habitants pour chercher des compromis ou valider des choix d’aménagements est tout simplement une mauvaise idée :

1. Mathématico-statistique : un tel panel est bien trop réduit pour être représentatif de la variété des profils et postures d’une population variée. Notez bien que cela reste valable sur le plan statistique quelle que soit la taille de la population globale concernée par le projet (quartier, ville, agglomération… sauf quartier limité à une poignée de logements). La pratique et la statistique plaideraient donc pour un échantillon minimal d’au moins 100 personnes dans ce type de projet et de territoire… Taille de panel qu’il est naturellement impossible à mobiliser de façon répétée. Ce qui démontre d’ailleurs en retour qu’un panel de petite taille a toutes les chances d’être biaisé dans sa composition, puisqu’il tendra à filtrer des personnalités nettement plus mobilisables ou motivées que la moyenne des populations qu’il est censé représenter (voir aussi point 7 plus bas).

2. Stratégique (au sens de l’intérêt politique de la collectivité) : La mobilisation d’un « panel » n’est pratiquement jamais reconnue par une population élargie comme étant une démarche valable de démocratie participative, de concertation ou d’écoute. Nos retours d’expériences sont innombrables là-dessus (avec des « conseils citoyens » des « conseils de quartiers » et autres « panels citoyens » réduits, très souvent délégitimés par le reste de la population). Par conséquent, pour obtenir l’adhésion d’une large population, il vaut mieux lui laisser le « droit à la parole » de la façon la plus ouverte et la plus large possible, tout au long du  processus.

3. Juridique : Un panel de « 10-15 personnes », s’il était au centre des principales démarches de concertation mises en œuvre, ne saurait en aucun cas répondre aux obligations légales, notamment en réponse aux exigences soulignées dans l’article L103-2 du code de l’urbanisme, puisque cet article souligne la nécessité d’associer « les habitants, les associations concernées et les autres personnes concernées pendant toute la durée du projet ».

4. Méthodologique : La « tentation du panel » répond vraisemblablement, dans la plupart des cas, à une idée (erronée d’après mon raisonnement) selon laquelle, en travaillant en petit groupe avec différents profils d’habitants/usagers on va pouvoir, plus facilement et dans un dialogue apaisé, dégager les « bons compromis » ou valider des « options consensuelles » qui conviendront ensuite au plus grand nombre. C’est faux. Notamment pour la raison 1 : Le panel est par constitution forcément biaisé ; mais aussi pour la raison 2 : le choix validé par un micro-panel a toutes les chances d’être contesté par des groupes de populations ne se sentant pas représentées du tout par celui-ci ; et encore 3 : la légitimité de l’écoute disproportionnée accordée à un tel micro-panel étant plus que contestable, les recours juridiques peuvent tenter n’importe quels types d’insatisfaits ensuite.

5. Démocratique en lien avec le « droit à la parole » : Par suite du point ci-dessus, on devrait également prendre conscience que toute tentative de restreindre l’écoute à un groupe « fermé » d’habitants constitue, par extension, une restriction du droit à l’expression du reste de la population. Par conséquent, la focalisation sur un panel délimité, indépendamment des questions de représentativité, est une négation du « droit à la parole » de l’ensemble des citoyens sur un projet qui les concerne. Droit à la parole, pour tous, qui me parait pourtant la base de toute notion de « démocratie participative » et de « concertation publique » (y compris telle qu’inscrite dans le droit de l’urbanisme, voir point 3).

6. Démocratique (bis) avec un « effet doublon » : L’idée d’un « panel représentatif », bien délimité, appelé à s’exprimer aux différentes étapes de l’élaboration d’un projet, ça ne vous rappelle rien ? Hé oui, ça peut rappeler, au choix : les conseils de quartier (obligatoires dans les communes de plus de 50 000 habitants), le conseil citoyen (obligatoire autour des projets financés par l’ANRU et dans les quartiers défavorisés dit « politiques de la ville »), le conseil d’arrondissement ou… le conseil municipal ! Bref, un « panel limité de citoyens mobilisés sur la durée » (formulation que j’ai pu lire quasi telle quelle dans des dossiers d’appel d’offres pour des démarches de concertation), est finalement une sorte de calque du modèle « représentatif » de la démocratie. L’idée semble répondre à l’espoir, pour certains élus ou techniciens de collectivités, de retrouver un modèle de débat qu’ils connaissent bien et comprennent mieux, plutôt que de soumettre un projet à un débat avec les masses, processus parfois vu comme hasardeux voire effrayant. Bref, le « panel limité de citoyens » fait généralement doublon avec des instances représentatives existantes, et c’est tout sauf de la « concertation publique ».

7. Méthodologique (bis) avec un « biais de mécontentement » : Un « panel d’habitants » risque tout d’abord de reproduire les mêmes difficultés de motivations que les instances bénévoles évoquées ci-dessus : Il est très difficile de mobiliser des personnes sélectionnées au hasard, de façon prolongée. Certaines instances s’avèrent même tout à fait impossibles à maintenir en fonctionnement, par défection progressive des participants, comme l’ont montré notamment les nombreuses déconvenues rencontrées par les conseils citoyens (voir point précédent). Par ailleurs, si un panel se maintient dans la durée, sur une base purement bénévole, il y a de forts risques que les seules catégories d’individus qui acceptent d’y participer soient motivées avant tout par une certaine hostilité ou opposition : hostilité vis-à-vis d’un projet dans une optique « pas près de chez moi » (ou NIMBY) ; ou esprit d’opposition à une municipalité en place. Ainsi, la composition d’un panel bénévole a de fortes chancesde subir subrepticement ce que j’appellerais le « biais de mécontentement » … c’est à dire que seuls des individus potentiellement dérangés par une hypothèse d’aménagement urbain finissent par accepter, en bout de course, de s’engager dans un processus de participation répétée. Quand bien même ils représenteraient des tranches d’âges et des profils socio-professionnels variés.

8. Economique : Enfin, n’oublions pas que ces concepts de « groupes réduits de citoyens » sont manifestement inspirés de méthodes d’études marketing. On pense notamment à la technique des focus group, qui réunit un petit groupe de consommateurs autour de nouveaux produits ou de nouvelles campagnes publicitaires, afin d’étudier leurs réactions collectives. Il faut donc avoir conscience que ces méthodes sont, à la base, essentiellement conçues pour vous faire avaler des yaourts… Et pas pour vous permettre de donner votre avis ou participer à l’élaboration d’un projet d’intérêt collectif.

Quelques conclusions …

En conséquence de ces différentes réflexions, selon moi, toutes méthodes de consultation massive et large de la population, à l’opposé de la dimension frileuse du « micro-panel », donneront vraisemblablement des éléments d’aide à la décision et des pistes de compromis nettement plus acceptables par la masse des citoyens ensuite, même si elles restent moins détaillées qu’un projet « co-conçu » avec précision avec 10 personnes. Des pistes de décision issues d’un minuscule échantillon de population, quand bien même ce dernier aurait travaillé de façon très approfondie et répétée pour exprimer une position commune, ne peuvent en aucun cas garantir ni la représentativité, ni l’acceptabilité par la population dans son ensemble.

Pour peu que l’on sache et que l’on se donne la peine de traiter avec sérieux et rigueur une masse d’avis et d’opinions que l’on collecte (avec des traitements à la fois qualitatifs et quantitatifs, des analyses sémantiques, thématiques, etc.), ET pour peu que l’on communique clairement à la masse les conclusions de cette consultation de masse, cela peut permettre, le plus souvent d’assoir plus confortablement la légitimité de choix d’aménagements pris au regard de ces données. C’est en tout cas, pour notre part, ce que nos retours d’expériences prouvent assez largement, avec de nombreux retours favorables des populations, quand nous les impliquons dans nos consultations et démarches participatives massives, restant ouvertes à tous quoi qu’il en coûte… Il ne me parait donc y avoir aucune raison sérieuse de « fermer » des débats au sein d’un groupe réduit d’individus, pour des projets concernant tout un chacun dans son cadre de vie de proximité, dans sa vie quotidienne, voire dans ses intérêts immobiliers directs (cas des « riverains » d’un projet, dont aucun ne peut être exclu des discussions par avance, sans pour autant qu’ils ne soient les seuls à être légitimes en fonction de l’enjeu).

… Et une comparaison

En revanche, je ne prolongerai pas outre mesure cette réflexion à une autre échelle, et sur d’autres matières que celle des projets urbains. L’exemple de la « convention citoyenne pour le climat », avec un « panel » de citoyens nettement plus important que ceux que j’évoque ici, a sans doute apporté, à la fois, de l’eau à mon moulin « sceptique » quant aux panels restreints de citoyens, et des arguments aux partisans des « jurys citoyens » à tout va.

Parmi les défauts de la démarche, la taille d’échantillon était nettement insuffisante à mon sens, eu égard à la diversité des populations à l’échelle nationale, et je soutenais plutôt, à l’époque du « Grand débat national », des « forums citoyens » qui auraient regroupé au moins 1500 personnes nationalement, et représenté de façon équitable les différentes régions, départements et types de territoire concernés par les problématiques environnementales, ces dernières étant très souvent imbriquées dans des questions territoriales. Au minimum, on peut se demander pourquoi cette convention citoyenne n’a réuni que 150 personnes, alors que l’Assemblée Nationale, par exemple, compte déjà presque quatre fois plus de membres pour « représenter » le même territoire. Par ailleurs, il y a vraisemblablement eu quelques « filtres » ou « biais » involontaires dans le processus de recrutement. Cela fait que, au delà du nombre de participants, on peut douter de la parfaite représentativité des participants, notamment en termes d’opinions politiques. Cependant ici les participants étaient « défrayés », c’est à dire en réalité rémunérés. Ce qui permet en partie de répondre à l’écueil n°7 évoqué plus haut, celui de la motivation à participer.

Côté points positifs de la démarche, elle a pu démontrer qu’il était possible de produire une forme d’intelligence collective avec un nombre de personne déjà relativement élevé. Elle a aussi montré, contrairement à ce que croient nombre de militants insuffisamment attentifs, qu’une telle démarche collective pouvait inspirer de façon constructive un grand nombre d’évolutions législatives. Certes les suggestions de la convention n’ont pas été appliquées « sans filtre » , comme l’avait dans un premier temps annoncé E. Macron. Mais cet objectif affiché initialement était sans doute déraisonnable, et certainement moins démocratique qu’un processus itératif remontant par étape d’une démarche « participative » vers un processus législatif plus classique, laissant la main pour finir à l’Assemblée Nationale.

Quoi qu’il en soit, une telle convention n’est donc pas de la même dimension ni de la même nature que les minuscules « panels d’habitants » locaux que j’évoque plus haut.

Distributeurs de tout poil pour le développement local

Au cours de nos pérégrinations aux quatre coins de la France, nous avons (les membres de Repérage Urbain) commencé à voir fleurir ces dernières années une nouvelle forme de réponse aux problématiques de « désertification commerciale ». La régression des commerces de proximité, qui affecte un grand nombre de centres-bourgs, petites villes et villes moyennes, semble en effet pousser au développement d’une forme de petit commerce assez innovant, très automatisé, mais très différent du modèle des supermarchés robotisés d’Amazon, car redonnant, à l’inverse de la multinationale, un contrôle de la distribution à de petits commerçants ou producteurs locaux…

Voici, en quelques photos – que nous mettrons à jour au fur et à mesure de nos découvertes – quelques exemples étonnants de distributeurs automatiques de marchandises, que nous avons rencontrés ici où là et qui sont, peut-être l’une des solutions pour le maintien d’un approvisionnement de proximité dans divers contextes territoriaux.

Un distributeur de pommes de terre, à Courtisols dans la Marne, capturé en pleine mission de terrain par Cantien Collinet et Paola Gonzales :

Deux distributeurs de pizzas, aperçu par Benjamin Hecht à Jublains en Mayenne, et par Eric Hamelin à Châlons-en-Champagne dans la Marne :

Un distributeur de fraises, découvert lors d’une exploration cyclo-touristique en Seine et Marne par Benjamin Hecht :

Un distributeur de produits de la ferme -fruits et légumes, lait, fromage, saucisson- près de Sarr au Pays Basque, visité par Benjamin Hecht :

Un distributeur de choucroute, et autres produits alsaciens traditionnels -Munster au lait cru, foie gras de canard…-, pris sur le vif par Eric Hamelin en Gare de Strasbourg :

Un distributeur de matériel vélo à Coutainville, dans la Manche, pour le bien des cyclo-touristes, testé et approuvé par Benjamin Hecht :

P.S : un distributeur de pain frais, assez répandu, manque à nos photos. Nous en avons croisé il y a un moment, mais pas encore réussi à retrouver un cliché personnel. A suivre, lors d’une prochaine mise à jour… !

EDIT : 23 mai 2022. Ça y’est, nous en avons (re)croisé un ! Voici, enfin, l’incontournable distributeur de baguette de pain. Ici, celui du bourg de La Planche, 2 739 habitants, en Loire Atlantique, croisé par Benjamin Hecht lors d’une « journée festive de concertation » que nous organisions à proximité. Agrémenté en prime d’un « stationnement 5mn » pour un approvisionnement rapide :

En ville, le téléphone mobile nous fait marcher

Croyez-vous en un futur où les piétons seraient redevenus, jusque dans les faubourg les plus excentrés ou les villes les plus petites, plus nombreux que les automobiles ? Et si cette vision du futur, bien plus réjouissante finalement que celle de villes envahies de drones-taxis, advenait plus vite et plus fortement que n’auraient osé l’imaginer les plus optimistes des urbanistes favorables à la ville « marchable » ?

Une révolution silencieuse est en marche depuis quelques temps dans l’univers du piéton.   Il s’agit de la démocratisation du podomètre. Nul besoin de montres connectées. Désormais intégrés en configuration de base à la plupart des téléphones mobiles au travers d’applis « Santé » telles que Samsung Health ou Google Fit, ou encore téléchargeables en trois clics sur les magasins d’applications, les podomètres se sont discrètement introduits dans la poche ou le sac de tout un chacun, parfois à votre insu. Générant une « motivation à marcher » potentielle, liée au maintien de votre capital santé.

Plus exactement, le moteur d’un renouveau de la marche pourrait être la simultanéité entre l’arrivée de cette innovation dans la poche de presque tous, avec celle désormais largement généralisée de l’usage des applis cartographiques de calcul d’itinéraire, de GoogleMaps à CityMapper en passant par OpenStreetMap, le tout s’additionnant avec les incitations de santé publique à effectuer au moins « 6 000 pas par jours » ou « 10 000 pas par jours » selon les sources.

La marche : meilleur plan pour vous assurer un minimum de capital santé

Chacun connait, désormais, les recommandations d’exercice physique minimal quotidien émises par l’OMS, ou en a au moins entendu parler. Parmi les différentes recommandations, celle de marcher « au moins 10 000 pas par jour » . Même si son attribution à l’OMS parait en partie apocryphe et remonte plus certainement au créateur japonais d’un podomètre dans les années 1960, elle est sans doute celle qui a le plus marqué les esprits par sa simplicité de mémorisation, son chiffre rond, mais aussi par son apparente simplicité de mise en oeuvre : aucun équipement ni terrain particulier n’est nécessaire pour cette pratique physique… hormis le podomètre que nous avons tous désormais dans notre poche.

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La marche parait d’ailleurs pouvoir répondre à une grande variété d’objectifs de santé. Réduction des risques cardio-vasculaires, santé et équilibre de votre cerveau, régulation de votre poids, renforcement musculaire général, renforcement du squelette et des articulations, et encore bien d’autres bienfaits sont cités par des kyrielles d’articles scientifiques et médicaux. La marche aiderait même à penser, comme semblaient le penser Nietzsche, Kant et bien d’autres philosophes !

Ces avantages s’additionnent au fait que la plupart des gens marchent déjà beaucoup sans s’en rendre compte, parfois simplement par le cumul de petites activités quotidiennes, en faisant le ménage, en allant rejoindre un tram ou un métro, en allant chez le boulanger ou en effectuant d’autres courses de proximité, en se déplaçant d’une pièce à l’autre dans leur entreprise ou chez eux, ou même en faisant les 100 pas dans une seule pièce téléphone à la main. Même si ce n’est pas forcément l’idéal médical puisque des « séquences d’exercice » d’une durée minimale sont parfois recommandées, c’est « mieux que rien » comme on aurait dit en 2020 à propos de certains équipements de santé de fortune… Faîtes le test, si vous n’êtes pas travailleur sédentaire et que vous prenez les transports en commun, en gardant votre téléphone sur vous absolument toute la journée avec un podomètre activé en arrière-plan, vous avez toutes les chances de dépasser les 6000 pas par jour sans le savoir…

Ainsi, parmi les différentes possibilités d’exercice physique quotidien, la marche semble bien tenir la corde du « meilleur plan pour vous assurez facilement un minimum de capital santé ».

10 000 pas par jour, ça peut vous emmener loin...

Je ne suis pas sûr que beaucoup de citadins prennent ainsi bien la mesure des distances qu’ils franchissent régulièrement à pieds. 6000 pas, et à plus forte raison 10 000 pas par jour, c’est assez énorme, en termes de distance parcourue. A ce niveau, on devrait considérer la « marche-santé » comme un véritable mode de transports d’échelle urbaine.

Pour illustration, parmi ceux qui tiennent l’objectif de 10 000 pas par jour, leur podomètre leur apprendra que cela correspond à une distance parcourue d’environ 8 km. Soit l’équivalent, par exemple à Paris, d’un aller puis d’un retour de la place du Châtelet jusqu’à l’Arc de Triomphe. Une marche qui équivaut à franchir 16 stations de métro. Ou encore à un aller simple depuis la Gare Montparnasse jusqu’au Parc de la Villette !

A l’échelle d’une métropole régionale, il vous faudrait par exemple vous rendre à pieds depuis le campus de l’Université de Bordeaux à Pessac au sud-est de l’agglomération, jusqu’à la vaste Esplanade des Quinconces au nord du centre-ville de Bordeaux , soit l’équivalent de 17 stations du tram bordelais.

Bien sûr, très peu de gens réalisent de tels trajets d’une seule traite quotidiennement, hors circonstances exceptionnelles telles que les grandes grèves. Néanmoins, un certain nombre de citadins tiennent aujourd’hui leur moyenne de 6000 ou 10 000 pas quotidiens, sur la journée ou en moyenne sur la semaine, en cumulant trajets utilitaires multiples (courses diverses, rendez-vous, allers-retours au travail incluant les jonctions piétonnes avec les transports publics…) et trajets de loisirs (marche au parc ou le long d’un cour d’eau le weekend, déambulation dans des secteurs commerçants…).

Quoi qu’il en soit, l’idée à en retenir me semble être que, si l’on veut atteindre 6, 8 ou 10 000 pas par jour, on a intérêt à marcher beaucoup et donc à choisir la marche « contre » d’autres modes (voiture, trottinette électrique, transports publics…) dans beaucoup de circonstances, au cours d’une journée ou de la semaine.

C’est d’ailleurs mon cas la plupart du temps : malgré le fait que mon agence se situe à seulement 15 mètres de dénivelé de mon domicile (mon bureau est au rez-de-chaussée de mon immeuble d’habitation), je m’efforce de multiplier les motifs de marches, en les complétant fréquemment par une « grève personnelle » du métro le weekend. C’est à dire que je marche volontiers d’un bout à l’autre de la ville (à Paris ou ailleurs), et ma motivation est renforcée par l’aspect ludique d’atteindre mon objectif moyen, que j’atteins sans grosses difficultés ni grandes randonnées… Et en voici la preuve incontestable (si vous m’accordez crédit) avec la capture d’écran de mon podomètre personnel (ci-contre), affichant ma « moyenne hebdomadaire de pas quotidiens » des premières semaines d’août, malgré une certaine canicule estivale potentiellement décourageante…

La marche est le mode de transport le plus rapide… plus souvent qu’on ne le croit

Nombre d’usagers des transports publics urbains choisissent également de renoncer à une correspondance de tram ou de métro, et optent pour 800 ou 1200 mètres de plus à pieds, parfois intuitivement, parfois après avoir comparé sur leurs applis de calcul d’itinéraires les avantages (durées) et inconvénients (pénibilité) des deux solutions.

De plus en plus souvent, certains choisissent également de privilégier la marche pour l’ensemble d’un trajet inter-quartier. La décision arrive après s’être rendu compte de la faible différence de durée entre marche et transports en communs sur cet itinéraire. S’y ajoutent éventuellement la conscience d’agir pour leur forme physique et même leur bien être mental, l’avantage de s’éviter la promiscuité des trams, bus ou métro en heure de pointe (sans même parler de la « glauquicité » spécifique des transports souterrains), ou encore la possibilité de jouir du paysage urbain, activité pour laquelle la marche est et restera de toute évidence le meilleur mode de transport.

En termes de durée, il existe une multitude de trajets et de situations dans les grande villes, sur des distances relativement importantes, de l’ordre de 1 à 2,5km, où le choix de la marche peut s’avérer finalement plus rapide que le choix des transports publics. Le vélo restera plus « rapide » mais admettons que vous n’ayez pas de vélo personnel au moment voulu. Dans ce cas même si vous possédez un abonnement à des vélos en libre service, vous pourriez également considérer la marche comme le moyen « le plus rapide », en tenant compte du temps pour trouver un vélo disponible, du risque de ne pas en trouver du tout, du risque de perdre du temps à trouver où le raccrocher…

Pour exemple, voici quelques trajets pour lesquels, à titre personnel, je choisis sans hésiter la marche, même en cas de pluie. En effet, je me munis la plupart du temps d’un parapluie préventif en ville en fonction de ce que m’indiquent… les applis météorologiques (encore une technologie mobile bénéfique au choix de la marche !).

Premier exemple : Si je souhaite me rendre à Paris-Gare du Nord depuis mon bureau au 210 rue Saint Maur (Paris 10ème), GoogleMaps aussi bien que Citymapper m’indiquent un temps de trajet à pieds de 23 minutes pour 1,8km. C’est un rythme de marche assez soutenu, avec une vitesse moyenne estimée de 4,7km/h, intégrant une estimation des obstacles ralentissants, tels que les traversées d’avenues. Mais en réalité (pour l’avoir souvent parcouru) je mettrai pour ma part un peu moins de temps, en tant que marcheur assez véloce, avec une moyenne dépassant généralement les 5km/h, traversées incluses. Si je choisis les transports en commun, les deux applis m’annoncent des temps de trajet oscillant entre 20… et 25mn si je rate le métro le plus rapproché de mon heure de démarrage. Par conséquent, en y ajoutant le bilan agrément/désagrément, mon choix est fait : Je ne prends désormais plus jamais les transports en commun pour me rendre du bureau à la gare du Nord !

Deuxième exemple : comme le savent certains je me rends souvent à Strasbourg. Lors d’un dernier séjour, j’ai été confronté à un choix équivalent à mon exemple parisien, entre deux rendez-vous. De la place de l’Esplanade à la place de la Cathédrale, mon appli carto (Google Maps, Citymapper n’étant pas disponible sur des trajets strasbourgeois) m’indiquait 1,8km de marche pour 24 minutes. Tandis qu’elle me proposait des trajets en tramway oscillant entre 23 et 27 minutes si je tenais compte des temps d’attentes annoncés pour le tram. Encore une fois : pas d’hésitation, la probabilité de rapidité a joué pour la marche. Et mon rythme de marche étant légèrement supérieur aux estimations de l’appli, je suis même assuré de prendre moins de temps à pieds, sur près de 2km ! Après avoir effectué ce trajet, mon choix a pris la tournure d’une option définitive sur cet itinéraire, en y ajoutant l’agrément de traverser les charmants quartiers historiques de la Krutenau et de la Place Saint-Etienne.

Convergences d’incitations à marcher et croissance de la part de marché de la marche

Ces trois incitations plus ou moins concomitantes ces dernières années ont de plus rencontré ces derniers mois deux incitations complémentaires, temporaires mais poussant à ré-expérimenter la marche longue distance en ville pour plus d’un citadin : La période de grève fin 2019, puis la crainte sanitaire pesant sur certains transports publics avec la pandémie de Covid-19.

Article du Parisien d’aout 2020 consultable ici

Ces cinq causes convergentes semblent ainsi avoir pour le moins généré un fort rebond de la pratique piétonne, pour de véritables trajets en ville, alternatifs à d’autres moyens de transports. Et non plus seulement pour flâner, comme semble le démontrer une enquête réalisée par l’entremise d’une des entreprises spécialisée en calculs d’itinéraires Moovit et citée par le Parisien en août 2020.

L’augmentation de la « part de marché » de la marche à pieds était cependant déjà sensible dans les grandes métropoles ces derniers années, comme on pouvait le constater au travers des résultats comparés des dernières enquêtes « ménages déplacements ».

En Ile-de-France (sur la moyenne régionale et non pas uniquement à Paris) elle est le « mode de transport dominant » en 2018 (celui qui est le plus fréquemment mentionné comme mode de transport principal parmi les différents trajets que chacun effectue chaque jour), et la région a connu un accroissement de 9% des déplacements à pied entre deux enquêtes, la précédente datant de 2010.

Extrait de résultats de l’enquête ménages-déplacements 2018 en Île-de-France

Pour donner un exemple de grande métropole régionale, évoquons la région de Strasbourg – sachant que la tendance semble la même dans et autour de la plupart des grandes villes. La marche y a connu une croissance de sa « part modale » (équivalent au concept de part de marché ») très conséquente cette dernière décade, aussi bien en ville qu’en périurbain, avec des gains de 7 à 8 points de pourcentage pour la marche (parmi les différents modes de transports et pour l’ensemble des déplacements quotidiens).

Extrait des résultats de l’enquête mobilité 2019 réalisée par l’ADEUS (Agence de développement et d’urbanisme de l’agglomération Strasbourgeoise)

Un mode de déplacement pas considéré à la hauteur de son potentiel ?

On pourrait rappeler en complément, pour se convaincre que la marche a de l’avenir, que 99% des citadins marchent. Seuls les nouveaux-nés ne sont pas concernés, si on considère que les handicapés en fauteuil utilisent les mêmes cheminements que les piétons. A un moment ou à un autre de votre journée : vous marchez !

Cependant, il semble que la marche reste relativement peu considérée dans l’ensemble des politiques publiques de mobilités et de déplacements. Les « plans de relance » de l’économie à différentes époques ont volontiers soutenu des infrastructures de transports en commun à coût de millions (et tant mieux!), mais où sont les millions de l’Etat pour soutenir la piétonnisation de centres-villes ou l’élargissement des trottoirs ? On a bien un plan national vélo mais où est le plan marche national ? On a vu se développer massivement des « coronapistes » cyclables mais rares sont les « coronacheminements » ou « coronarues piétonnes » .

Ne serions nous pas victimes sur ce point d’un milieu professionnel, celui de l’aménagement urbain, qui a longtemps été dominé par une culture de la vitesse, de la technique et de l’ingénierie, mais peut-être aussi de la logique pleine d’a priori d’un certain nombre d’urbanistes péremptoires ?

Mettre en équation l’envie de marcher pour qu’elle soit davantage prise au sérieux comme mode de déplacement ?

Il a en effet longtemps été d’usage, dans le milieu des urbanistes et des techniciens des transports publics, de considérer que le rayon d’action de la marche en ville était intrinsèquement limité. Selon les cas on entendait, quand j’étais jeune arrivant dans le milieu de l’urbanisme, que le rayon de pertinence de la marche se limitait à moins d’1 kilomètre, à moins de 600m, voire à moins de 400m. C’est même cette dernière échelle de référence que j’ai sans doute le plus souvent entendue au début des années 2000. Pourtant elle est quasi grotesque, si on la compare aujourd’hui à nos objectifs podométriques, avoisinant les 8km quotidiens !

Cependant l’idée reçue selon laquelle « au-delà de telle ou telle distance les usagers préféreront la voiture » a la vie dure dans le milieu. Elle ne repose pourtant sur rien, aucune étude statistique ni sociologique sérieuse ne venant la soutenir et, pire, se base sur une généralisation parfaitement abusive qui consiste à considérer que « tout le monde a une voiture ». Rappelons pour commencer que 15,9% des ménages ne possèdent aucun véhicule automobile ( Insee 2018), et que parmi les ménages équipés, rares sont ceux qui disposent d’une voiture par personne adulte. Question de coût élevé, de place pour stationner…. ou tout simplement parce que de nombreux foyers comportent de grands enfants et jeunes adultes, indépendants mais sans permis.

De la même manière que nombre d’urbanistes ont cru pendant longtemps à ces préjugés sur le faible rayon d’action de la marche face à la voiture, il ne faudrait pas, à l’heure du grand renouveau des tramways, des bus en sites propres, des grands itinéraires cyclables, qu’un nouveau préjugé équivalent se constitue en faveur de tous ces transports mécanisés, au dépend, à nouveau, de la marche!

A l’heure des applis et des algorithmes, il paraîtrait peut-être plus intéressant d’étudier finement comment les citadins raisonnent et tranchent entre les moyens de déplacements. Comment ils arbitrent, selon les situations, les conditions de vie, les aménagements urbains et les infrastructures, l’envie, le décor, la météo.

Il y a nécessairement, comme toujours en sciences sociales, des déterminants plurifactoriels d’une imbrication abyssale. On peut néanmoins oser un postulat, à la façon des économistes, d’un « calcul implicite » des citadins, qui pourraient plus ou moins se représenter une combinaison simplifiée d’avantages Temps/Effort/Confort/Plaisir/Coût, entre les différentes alternatives de moyens de déplacements.

Retenons cette simplification… et regardons l’impact potentiel de l’avènement du podomètre et des applis de mobilité, de façon concomitante aux injonctions de santé publique, sur l’équation « envie de marcher » en comparaison à d’autres options de mode de déplacement.

Sur le facteur TEMPS : L’effet de révélation des applis de calculs (GoogleMaps et compagnie), que nous avons évoqué plus haut, peut changer l’évaluation de cette donnée chez un certain nombre d’individus, comme nous l’avons vu. L’amélioration progressive de ces applis pourrait rendre encore plus avantageuse la marche sur d’autres modes, lorsque les désavantages des autres modes seront mieux évalués : Temps d’attentes pour les transports publics, attentes aux feux ou encombrements imprévus pour les véhicules individuels.

Sur le facteur EFFORT : L’effort de la marche est, pour une part des invidivus, peu pénible, comparé au vélo par exemple. Surtout, il est ré-évalué à la baisse aujourd’hui, comme nous l’avons vu, par un certain nombre d’individus qui, conscientisant l’effet bénéfique sur leur santé, minorent le sentiment d’effort, ou du moins en tirent un ressenti positif proportionnel. Pourquoi cette tendance n’irait pas croissante ? Quand on observe le nombre croissant d’individus qui, revenant de leurs trajets en métro ou en voiture, filent dans une salle de sport, ou partent courir sur les trottoirs ou dans les bois, on peut penser que la part d’efforts utiles de déplacements par la marche gardent une belle marge de progression.

Sur le facteur CONFORT : Ce facteur reste lourdement dépendant des aménagements urbains et de ce que l’on pourrait intituler les « aménités piétonnes ». Autrement dit, la qualité des cheminements, leur largeur (on aime mieux marcher au large, en général…), leur fluidité (trop de long feux piétons tuent la marche !), leur esthétique aussi (un joli trajet vous fait oublier l’effort ou le temps consommés pour marcher). Mais il parait évident que, malgré la plus grande attention portée par endroit aux itinéraires cyclables, l’amélioration de la marchabilité et l’idée de « plans piétons » progressent.

Sur le facteur PLAISIR : Ce point de l’équation dépend certes du facteur précédent (confort), mais en y ajoutant, par exemple, la possibilité d’apprécier le paysage, l’architecture ou l’animation urbaine, avec une vitesse lente adaptée à cette observation. On pourrait donc parier, ici, que les politiques de verdissement et de végétalisation des villes qui ont le vent en poupe, ainsi que les politiques de maintien ou de renforcement du commerce de proximité, contribueront à renforcer l’avantage de la marche sur ce point. De plus, là encore, la dimension ludique du podomètre et des applis santé, avec leurs objectifs que l’on se fixe de façon quotidienne ou hebdomadaire, peut constituer une source de plaisir, celle d’atteindre ou d’améliorer son score.

Sur le facteur COÛT, enfin : La supériorité totale et définitive de la marche dans cet élément de l’équation parait acquise. Sauf à rendre les transports en commun totalement gratuits (comme à Montpellier) ou à fournir et entretenir des vélos gratuitement. Cependant, même dans ces deux derniers cas de figure, où les coûts sont reportés sur la collectivité donc dans les impôts, la marche est nécessairement, logiquement, définitivement… le mode de transport le moins cher. Une bonne raison de lui maintenir la note maximum dans l’équation.

Ainsi, en guise de conclusion, ce petit conseil à mes amis urbanistes, et autres « urbanologues » de tous poils :

Il serait judicieux, à l’avenir, de ne plus jamais présupposer arbitrairement que la voiture, les transports en commun, ou même le vélo, devraient l’emporter automatiquement sur la marche dans les choix de mode de déplacement, à partir d’une distance déterminée ou pour tel ou tel type de trajet d’échelle urbaine. Arrêtons les généralisations abusives en matière de sciences sociales territoriales. Et redonnons sa juste place à la marche : Celle de moyen de déplacement le plus universel qui soit !

Eric HAMELIN. Sociologue et urbaniste (et désormais blogueur occasionnel).

Bonus :

Voici une petite idée qui décoiffe. Peut être une bonne piste pour alléger nos transports publics en période de pandémie ? https://detours.canal.fr/en-norvege-les-transports-en-commun-vous-paient-pour-marcher/

… Et, pour la science : N’hésitez pas à me raconter en commentaires, ci-dessous, vos propres expériences de modification de vos usages de marche en lien avec les fonctionnalités des téléphones mobiles. Vous nourrirez ainsi nos prochaines réflexions sociologiques et prospectives sur ce sujet !

Trois idées à généraliser pour un déconfinement réussi des voiries urbaines ?

Si l’on imposait, au niveau national, des directives pour le dé-confinement, dans le domaine des voiries urbaines, on pourrait croiser les initiatives parisienne et strasbourgeoise, en généralisant les 3 principes suivants.

1. Que la « zone de rencontre » (limitée à 20km/h) deviennent « la règle générale » dans les centres-villes.

A l’exemple de l’initiative strasbourgeoise pour les déplacements (concernant pour l’instant seulement la partie insulaire du centre ville, voir article en lien ci-dessous) :

Il serait judicieux dans la situation actuelle que la « zone de rencontre » (limitée à 20km/h avec accès libre aux piétons et vélos sur toute la chaussée, avec priorité des piétons, puis des vélos, sur les véhicules motorisés) deviennent « la règle », et la voirie à priorité automobile l’exception. De façon à s’assurer sur tout le territoire un rééquilibrage par rapport à l’avantage concurrentiel momentanée qu’acquiert la voiture en matière de sécurité sanitaire individuelle, en donnant au contraire un avantage de confort spatial et de priorité aux piétons, sur absolument toutes les petites rues et voiries secondaires.

La démarche pourrait également et bien sûr être complétée par la définition de « priorités cyclables » sur un nombre suffisant de grands axes permettant de distribuer toutes les grandes directions, selon le principe des « vélorues », très faciles à mettre en oeuvre, afin de faciliter les trajets à plus grande distance et vitesse pour les vélos. Le principe consiste à ce que les vélos aient simplement le droit de se tenir en milieu de chaussée et conservent la priorité sur toute cette chaussée, sans pour autant avoir besoin d’interdire les autres véhicules motorisés.

Un exemple de « vélorue » à Lille (pour changer) : https://auto.bfmtv.com/actualite/lille-inaugure-sa-premiere-velorue-1844805.html

2. Que les stationnements puissent partout se transformer en terrasses

A l’exemple du projet parisien pour les commerces, il serait utile que tous les restaurateurs de France obtiennent un « droit à l’extension de terrasse » pour les commerces deviennent la règle, sur les places de stationnements ainsi que sur la chaussée, jusqu’à 5m par exemple, et que la limitation de ce droit soit l’exception (quand par exemple deux commerces se font face, dans une rue mesurant moins de 16m, soit 5+5m et 6m laissés libres pour les déplacements des piétons, vélos ou véhicules)

Cela pour permettre aux cafés et restaurants d’espacer fortement leurs tables en repartissant certaines d’entre elles à l’extérieur, sans perdre un trop grand nombre de couverts ou de places, lorsqu’ils pourront rouvrir.

Par chance il se trouve que leur réouverture se fera en saison chaude.

Un article parmi d’autres sur la démarche à Paris : https://news.konbini.com/societe/les-rues-et-places-de-parking-bientot-transformees-en-terrasses-de-restos

3. Que le les autres types de commerces obtiennent également un « droit aux terrasses »

Sans en avoir encore d’exemple mis en oeuvre, eu égard aux pertes de chiffre d’affaires essuyées au printemps 2020 pour cause de confinement, il serait bon que le droit à une terrasse soit étendu à tous les types de commerces, sous forme d’étalage – car le fait de pouvoir présenter quelques articles ou étalages en extérieur pourraient peut-être faciliter la reprise d’activité d’un certain nombre de commerçant, sachant que la plupart devront limiter le nombre de clients simultanés en intérieur (et sachant que les espaces « confinés » semblent plus susceptibles de favoriser la contagion par « aérosols » c’est à dire par concentration dans l’air de gouttelettes volatiles, si l’on a bien compris les dernières études épidémiologiques…)

(EDIT Juin 2020 : )

Pour compléter ce bref billet, je vous offre ici un petit aperçu de quelques unes des sympathiques terrasses, parfois très créatives, que j’ai pu observer en cette fin de printemps sur des places de stationnements parisiennes et franciliennes. De quoi donner envie de prolonger l’initiative… perpétuellement !

Rue Saint Maur, Paris 11ème
Rue Condorcet, Paris 9ème
Avenue Parmentier, Paris 10ème
Rue Saint Maur, Paris 10ème
Rue Jean-Pierre Timbaud, paris 11ème
Rue du Temple, Paris 4ème
Rue Arthur Groussier, Paris 10ème
Rue Charles-François Dupuis, Paris 3ème
Les terrasses s’étendent aussi à Fontainebleau…
… En bloquant toute une rue à la circulation…
… ou encore à Meaux.
A Paris aussi, certaines rues sont entièrement bloquées à la circulation pour profiter aux terrasses. Ici, rue du Grand Prieuré (Paris 11ème)